Interview publiée dans CIO Mag
Par Michaël Tchokpodo (Bénin) — 1er mai 2022
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À l'heure où la pandémie du Coronavirus contraint le monde entier au confinement avec pour corolaire le ralentissement ou la cessation d'activités dans divers secteurs, le digital apparaît comme la panacée. Il l'est encore davantage dans le secteur de l'éducation où l'arrêt des cours a favorisé la formation en ligne dans les États déjà préparés et engendre le tâtonnement chez les moins équipés. Omar ALI-YAHIA, Directeur général de Beeform E-learning et fondateur de la première plateforme E-learning 100% algérienne en 2017 analyse pour CIO Mag la situation.

L'impact du Coronavirus sur le secteur de l'éducation

CIO-MAG : Le Coronavirus a pris le monde entier de court et touche plusieurs secteurs vitaux dont l'éducation. Peut-on en mesurer l'impact ?

Les impacts sont de divers ordres. Actuellement, le monde entier est confiné. Il y a des pertes économiques énormes, un crash boursier sans précédent. Toutes les entreprises sont à l'arrêt, la chute du coût du pétrole et les employés au chômage technique. C'est un coup très dur pour l'économie mondiale. Certaines industries comme celles pharmaceutiques et de fabrication de gels hydro-alcooliques trouvent leurs comptes mais les autres vivent des difficultés financières étouffantes.

Le digital quant à lui connaît actuellement un grand engouement. En plus de tous les problèmes qu'il résout en temps normal, on se rend compte que le digital constitue une solution incontournable aux mesures de confinement liées au Covid-19, notamment le commerce électronique, le télétravail, la formation en ligne, etc.

L'éducation est le premier secteur touché de plein fouet. Les mesures de prévention et de distanciation sociale ont obligé l'arrêt total de toute activité liée à la formation.

Le e-learning en Afrique face à la crise

CIO-MAG : En Afrique où le e-learning n'est pas encore totalement développé, quel problème pose cette crise face à la formation et au développement des compétences ?

Au lieu de ralentir les activités, la crise les suspend carrément. Dans les pays où le e-learning est bien intégré, les écoles proposent des alternatives intéressantes pour assurer la continuité de leurs programmes de formation. Une entreprise qui a deux cents (200) employés au chômage technique, préfèrera profiter de la période d'arrêt de travail pour développer leurs compétences et progresser dans leurs plans de formation annuelle.

Investir massivement dans le numérique

CIO-MAG : Pour sortir de cette crise, la solution de l'Afrique serait-elle d'investir massivement dans le numérique et le développement du E-learning ?

Cette pandémie nous a fait prendre conscience que le numérique et les infrastructures sont importants. Aujourd'hui, si nous ne possédons pas d'infrastructures technologiques, on ne peut pas créer un écosystème capable de répondre à nos défis actuels et futurs. Si nous n'avons pas de bande passante suffisante, des infrastructures réseaux pour la transporter, des data center pour héberger notre contenu, le paiement en ligne pour valoriser ce dernier, nous ne pouvons pas faire émerger des champions capables de challenger technologiquement les plus grands de ce monde et l'Afrique restera toujours en marge de cette économie mondiale très profitable.

La solution Beeform

CIO-MAG : Quelle solution proposez-vous ?

Nous sommes spécialisés dans le e-learning. Nous faisons un travail pédagogique énorme sur nos clients et partenaires afin de les faire adhérer à ces outils technologiques. Beeform est spécialisée dans l'accompagnement des projets e-learning de bout-en-bout. C'est-à-dire de l'infrastructure informatique jusqu'à la création de contenus en passant par les plateformes pédagogiques.

Notre mission est d'accompagner les écoles à digitaliser leurs services de formations. Nous accompagnons aussi les entreprises sur des projets de formation sur mesure. Nous avons mis en place une plateforme hybride, qui fait de la vidéoformation et propose des classes virtuelles en direct.

L'avenir du e-learning en Afrique

CIO-MAG : Est-ce qu'on peut dire que l'avenir de l'éducation en Afrique passera par le e-learning ?

Le E-learning est un outil qui permet de former un très grand nombre — ce qui nous rend performants dans la production de compétences. C'est aussi son accessibilité à tout moment et partout dans le monde qui permet de se former depuis n'importe quel périphérique connecté. Mettre en place de pareils systèmes, c'est donner la chance à toute personne de réussir, d'acquérir des compétences. Et généralement, ces compétences sont mises au service du pays. Cela permet également d'investir sur la première ressource d'Afrique qui est l'humain.

CIO-MAG : Avez-vous un plan de déploiement de Beeform en Afrique ?

Actuellement, nous travaillons sur la Tunisie, le Maroc et la France. Pour l'Afrique subsaharienne, nous serons ravis de collaborer avec les acteurs locaux. 400 millions d'africains connectés représente un marché énorme. Nous devons envisager des partenariats sud-sud pour développer en Afrique des projets que nous pouvons déployer en Europe ou en Asie. Le digital, c'est l'avenir.