Nous avons audité 1 775 sites d'entreprises algériennes, avec une idée simple : mieux connaître notre web pour aider chacun à le faire grandir. Première bonne nouvelle — le web professionnel algérien est bien vivant, et il est sur la bonne voie. Avant d'entrer dans les chiffres, prenons un instant pour expliquer pourquoi nous avons créé cet observatoire, et à quoi il peut servir.

Pourquoi un observatoire du web algérien ?

L'idée est née de notre pratique quotidienne. En accompagnant des entreprises algériennes sur leurs projets web, un constat revenait sans cesse : tout le monde a une impression de l'état du web national, mais personne n'a de mesure. On parle « au ressenti » d'un web en retard ou en progrès, sans repère commun, sans chiffres partagés. Nous avons donc décidé de faire ce qui manquait : mesurer, ouvertement, et partager.

Car on ne fait bien progresser que ce que l'on mesure. Un écosystème qui se regarde avance plus vite qu'un écosystème qui avance à l'aveugle. C'est tout le sens de l'Observatoire du web professionnel algérien : offrir un miroir collectif, honnête et bienveillant, du web de nos entreprises.

Concrètement, un observatoire sert à plusieurs choses à la fois :

  • Pour chaque entreprise : enfin un repère pour se situer. « Où se situe mon site par rapport aux autres ? » devient une question à laquelle on peut répondre.
  • Pour les startups, agences et développeurs algériens : une cartographie claire du travail utile à faire. Chaque écart mesuré est une opportunité concrète d'aider, et de faire grandir tout l'écosystème.
  • Pour la communauté : un langage commun et une dynamique dans le temps. Mois après mois, on pourra mesurer les progrès et célébrer ce qui s'améliore.

Pourquoi est-ce mieux d'avoir un observatoire que de ne pas en avoir ? Parce qu'un miroir ne juge pas — il éclaire. Il transforme des ressentis flous en un cap clair, et il donne à chacun de quoi agir utilement. Sans repère, on doute ; avec un repère partagé, on progresse plus vite et plus sûrement.

Un site web, c'est presque un être vivant

Une clé de lecture, d'abord. Un site web n'est jamais « terminé ». La technologie bouge en permanence : les navigateurs évoluent, les standards de sécurité se renforcent, les règles de conformité se précisent, les usages changent. Un site, ça se soigne, ça se met à jour, ça grandit — un peu comme un organisme vivant.

Les écarts que nous mesurons ne sont donc pas des « fautes » figées : ce sont des étapes normales dans la vie d'un site. Chaque entreprise avance à son rythme, et l'essentiel est d'avancer. Les chiffres qui suivent ne sont pas un bulletin de notes — ils dessinent les prochaines étapes, et les opportunités qui vont avec.

Le constat global : une base saine

Venons-en aux chiffres. Cette première édition datée porte sur 1 775 sites d'entreprises algériennes, pour un score moyen de 52/100. C'est une base saine sur laquelle bâtir : nos entreprises sont en ligne, leurs sites s'affichent, sont majoritairement adaptés au mobile et techniquement corrects. C'est déjà beaucoup. Ce que révèle l'observatoire, ce sont surtout des opportunités d'amélioration — et la plupart demandent peu d'efforts pour un vrai gain.

Le plus grand terrain de progrès : la conformité

C'est le domaine où il reste le plus à faire — et c'est aussi le plus facile à corriger. Sur le pilier conformité, le score moyen est de 23/100. Sur les 1 775 sites :

  • 89 % n'ont pas encore de mentions légales ;
  • 85 % n'affichent pas de politique de confidentialité ;
  • 91 % n'ont pas de bandeau cookies ;
  • 63 % affichent un numéro de téléphone non cliquable.

Rien d'étonnant : ce sont des sujets qu'on remet volontiers à plus tard quand on a une entreprise à faire tourner. La bonne nouvelle, c'est qu'ils se traitent bien, souvent avec l'accompagnement d'une agence ou d'un développeur. Et depuis la loi 18-07 sur la protection des données personnelles, tout site qui recueille des informations (un simple formulaire de contact suffit) gagne à informer clairement ses visiteurs. Se mettre en conformité, c'est rejoindre les entreprises les mieux préparées — nous détaillons la marche à suivre dans notre dossier conformité à la loi 18-07.

La bonne nouvelle d'un score à 23/100 en conformité, c'est que quelques gestes simples suffisent à faire une grande différence.

Un réglage discret qui mérite le détour : la sécurité e-mail

Côté sécurité, le socle est solide (score de 86/100) : la grande majorité des sites sont en HTTPS. Un point technique mérite qu'on s'y attarde, car il est méconnu : la protection e-mail de votre domaine. 83 % des entreprises publient un enregistrement SPF, la moitié ont ajouté un DMARC — mais seulement 13 % l'ont réellement activé (en mode quarantine ou reject).

En clair : beaucoup ont fait l'essentiel, et il ne reste qu'un petit réglage pour finir le travail. Activer pleinement le DMARC protège votre marque contre l'usurpation (les e-mails frauduleux envoyés en votre nom). C'est l'un des gestes au meilleur rapport effort/bénéfice de tout le relevé : quelques minutes de configuration, et votre domaine est réellement protégé.

Un marché à relocaliser : l'hébergement

Où sont hébergés nos sites ? Sur les sites audités à ce jour, 10 % sont hébergés en Algérie, le reste à l'étranger (32 % en France, 21 % en Allemagne). Et ce n'est surtout pas une question de qualité locale — bien au contraire : l'Algérie compte d'excellents hébergeurs. Parmi ceux que nous avons rencontrés dans ce relevé : Algérie Télécom (Djaweb), Icosnet, Wissal Network, Host Arts, EBS, Ayrade, PNET ou encore Optimum Telecom (Ooredoo), tous parfaitement capables de porter les sites de nos entreprises.

Ces 90 % hébergés à l'étranger représentent donc surtout un énorme marché à relocaliser. L'enjeu est avant tout un travail de communication et de mise en visibilité de l'offre nationale. Et le contexte s'y prête : depuis la loi 18-07 sur la protection des données personnelles, héberger en Algérie — garder les données au plus près, sous juridiction nationale — prend tout son sens. Une belle opportunité, pour nos hébergeurs comme pour nos entreprises.

Se rendre visible : le prochain palier

Côté visibilité (référencement), le score moyen est de 62/100. Beaucoup de sites existent mais gagneraient à être plus facilement trouvés sur Google : un tiers n'ont pas encore de sitemap, et les fondamentaux SEO sont inégalement en place. C'est souvent le palier suivant, une fois le site en ligne : le rendre visible, pour qu'il travaille vraiment pour vous. C'est précisément le genre d'accompagnement que nous menons sur nos projets web et applicatifs.

Tous les secteurs au coude à coude

Fait encourageant : sur les 14 secteurs assez représentés pour être publiés, les scores moyens se tiennent tous entre 50 et 55/100. Industrie, BTP, tourisme, transport, distribution, santé… tout le tissu avance au même rythme. Personne n'est distancé, et le terrain de jeu est ouvert : les entreprises qui soignent leur site dès maintenant prennent une longueur d'avance visible.

Notre méthodologie

La crédibilité d'un observatoire tient à sa transparence. Nos chiffres proviennent d'audits réels des sites d'entreprises algériennes, portant sur plus de 180 paramètres relevés par site, regroupés en huit piliers : conformité, sécurité, visibilité, performance, mobile, fraîcheur, contact et accessibilité. Les résultats sont agrégés et anonymisés : aucun score nominatif n'est publié, uniquement des statistiques par secteur et par territoire, au-dessus d'un seuil garantissant leur robustesse. Les chiffres sont mis à jour en continu et cette édition est arrêtée au 25 juillet 2026. Les données vivantes sont consultables à tout moment sur l'observatoire.

Des manques qui sont autant d'opportunités

Si l'on devait résumer d'une phrase : le web algérien est jeune, vivant, et plein de promesses. Chaque écart mesuré ici est une opportunité. Pour l'entreprise qui améliore son site, bien sûr. Mais aussi pour les startups, agences et développeurs algériens dont c'est le métier d'accompagner cette montée en qualité. L'observatoire dessine ainsi une feuille de route claire pour un web national en pleine progression.

Et pour l'entreprise pressée, trois gestes à fort impact et faible effort :

  1. Mettre son site en conformité — mentions légales, politique de confidentialité et cookies (loi 18-07). Rapide, et vous rejoignez le peloton de tête.
  2. Activer pleinement le DMARC — quelques minutes pour protéger votre marque.
  3. Rendre son site trouvable — un sitemap et des bases SEO saines transforment un site vitrine en canal de contacts.

Et votre site, où se situe-t-il ?

L'observatoire mesure le web algérien à grande échelle ; l'étape suivante, c'est votre site en particulier. Nous appliquons le même examen à une adresse précise et vous envoyons un rapport détaillé, gratuitement. Demandez l'audit de votre site depuis l'observatoire — ou une étude sur mesure si vous pilotez tout un parc de sites (organisation, groupe, secteur, université).

Le web professionnel algérien a de beaux jours devant lui. En avançant chacun à son rythme, avec les bons réflexes, nous avons tout pour en faire une vraie fierté. Les chiffres sont là pour nous guider ; à nous d'écrire la suite.