Ce que dit la loi : 2% de votre masse salariale en jeu
En Algérie, toute entreprise employant 20 salariés ou plus est légalement tenue de consacrer une part de sa masse salariale à la formation de ses collaborateurs. Ce cadre est défini par deux taxes distinctes :
- Taxe de Formation Continue (TFC) : 1 % de la masse salariale brute annuelle — texte de référence : article 196 octies du CIDTA, tel que modifié par l'article 56 de la Loi de Finances 2022.
- Taxe d'Apprentissage (TA) : 1 % supplémentaire, issue de la Loi n°81-07 du 27 juin 1981.
Soit un total de 2 % de la masse salariale que chaque employeur doit justifier sous forme d'effort de formation, ou reverser à l'État sous forme de taxe non déductible.
📊 Exemple concret : une entreprise avec une masse salariale annuelle de 150 millions de DZD doit justifier d'au moins 1,5 million de DZD de dépenses en formation (1 % TFC). Si elle n'en dépense que 900 000 DZD (soit 0,6 %), elle devra verser 600 000 DZD de taxe à la DGI — sans avoir formé qui que ce soit.
La déclaration doit être déposée auprès du bureau des impôts compétent avant le 20 février de l'année suivant l'exercice concerné (délai parfois prorogé). Les factures d'organismes agréés servent de justificatifs fiscaux.
Le paradoxe algérien : des fonds disponibles, mais inutilisés
Le FNAC (Fonds National de Développement de l'Apprentissage et de la Formation Continue), organisme sous tutelle du MFEP, est chargé de redistribuer les fonds collectés par la Direction Générale des Impôts. Son rôle : permettre aux entreprises de récupérer tout ou partie de leur effort de formation via des remboursements.
Pourtant, le constat est unanime dans les milieux professionnels : les fonds du FNAC restent largement inutilisés. Les raisons ? Des procédures administratives complexes, un manque d'information des employeurs, et une perception répandue selon laquelle "il est plus simple de payer la taxe que de former".
⚠️ Chiffre clé : selon l'ETF (European Training Foundation) et l'UNESCO, seulement 1 formateur algérien sur 3 a bénéficié d'une formation continue au cours des 12 derniers mois — contre 85 % dans les pays de l'OCDE. L'écart est révélateur d'un sous-investissement structurel dans le capital humain.
Qui est concerné ? Le paysage des PME algériennes
Fin 2022, l'Algérie comptait 1 320 664 PME recensées, employant plus de 3,2 millions de salariés (source : Ministère de l'Industrie). Parmi elles :
| Catégorie | Effectif | Part du total | Assujettie à la TFC ? |
|---|---|---|---|
| TPE (moins de 10 salariés) | ~1 294 000 | 98 % | ❌ Non (exonérée) |
| PE (10 à 19 salariés) | ~19 000 | 1,4 % | ❌ Non (sous le seuil) |
| PE/ME (20 salariés et plus) | ~7 000+ | 0,6 % | ✅ Oui — obligation légale |
Les entreprises du secteur public, les grandes entreprises industrielles, les banques, les assurances et les opérateurs télécoms sont évidemment tous concernés. À Alger et dans les wilayas industrielles (Oran, Annaba, Constantine, Sétif), les obligations de formation touchent des milliers d'établissements.
Ce que vous pouvez déduire : les dépenses éligibles
Toutes les dépenses engagées auprès d'un organisme agréé MFEP sont imputables sur votre obligation de formation. Cela inclut notamment :
- Les frais pédagogiques (honoraires formateurs, coût des modules e-learning)
- Les frais de transport, d'hébergement et de restauration des stagiaires
- Les assurances souscrites dans le cadre de la formation
- Les fournitures professionnelles utilisées pendant les sessions
- Pour la TA : les primes de maître d'apprentissage et les préalaires d'apprentis
💡 Point clé : un organisme non agréé MFEP ne peut pas vous permettre de justifier votre effort de formation. Même si vous avez réellement formé vos équipes, les factures d'un organisme sans agrément ne seront pas acceptées par la DGI comme preuve d'effort de formation. La taxe restera due.
Pourquoi la plupart des entreprises paient sans former
Les raisons documentées de ce paradoxe sont multiples :
- Méconnaissance des droits : beaucoup de DRH ne savent pas que les dépenses de formation e-learning sur un LMS agréé sont éligibles au même titre que le présentiel.
- Manque de temps : identifier un organisme agréé, monter un dossier de formation, obtenir les conventions — ces démarches paraissent longues quand le quotidien RH est déjà chargé.
- Absence de prestataire de confiance : sans partenaire pédagogique habituel, les entreprises renoncent à lancer des actions de formation.
- Perception du ROI : "on a déjà formé l'an dernier et ça n'a rien changé" — sans ingénierie pédagogique ni suivi post-formation, les résultats sont effectivement décevants.
- Complexité des remboursements FNAC : les procédures de remboursement sont perçues comme trop lourdes administrativement.
La bonne nouvelle : l'e-learning change la donne
Avec 36,2 millions d'internautes en Algérie et un taux de pénétration smartphone de 84 % (DataReportal, janvier 2025), les conditions techniques pour l'e-learning sont réunies. Un module SCORM sur LMS est aussi éligible à la TFC qu'une formation présentielle — à condition que l'organisme soit agréé MFEP.
Les avantages de l'e-learning sur la TFC sont considérables :
- ✅ Déploiement en 48h — les apprenants accèdent immédiatement aux modules
- ✅ Traçabilité automatique — les données SCORM (scores, temps, completion) constituent une preuve irréfutable pour la DGI
- ✅ Formation de tous vos effectifs simultanément — pas de contrainte de salle ni de calendrier
- ✅ Catalogue de 500+ modules prêts à l'emploi dans 12 thématiques
- ✅ Coût par apprenant réduit — amortissable sur l'ensemble de l'organisation
Le cadre légal complet : textes de référence
| Texte | Objet |
|---|---|
| Loi n°81-07 du 27 juin 1981 | Base de la taxe d'apprentissage |
| Loi n°08-07 du 23 février 2008 | Loi d'orientation sur la formation et l'enseignement professionnels |
| Article 56, Loi de Finances 2022 | Introduit l'article 196 quater dans le CIDTA |
| Article 196 octies du CIDTA | Texte consolidé de la TFC actuellement en vigueur |
| Arrêté interministériel du 21 décembre 2022 | Modalités d'application — publié au JO le 29 janvier 2023 |
| Circulaire DGI n°09 du 14 février 2023 | Instructions aux services fiscaux pour l'application du dispositif |
Check-list : comment optimiser votre TFC dès cette année
- 🗂️ Calculez votre obligation : masse salariale brute × 1 % = montant à justifier en formation.
- 🤝 Choisissez un organisme agréé MFEP : vérifiez systématiquement le numéro d'agrément avant de signer toute convention de formation.
- 📋 Signez une convention de formation : document obligatoire pour que les dépenses soient imputables.
- 📁 Conservez toutes les pièces justificatives : factures, feuilles de présence, attestations de formation, données SCORM si e-learning.
- 📅 Déposez votre déclaration avant le 20 février auprès de votre bureau des impôts.
- 💰 Explorez le remboursement FNAC : pour les formations continues, un dossier bien constitué peut vous permettre de récupérer une partie de la taxe.
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En résumé
La taxe de formation continue n'est pas une charge inévitable : c'est un levier fiscal que vous pouvez transformer en investissement concret dans les compétences de vos équipes. Former avec un organisme agréé MFEP vous permet de justifier votre obligation légale, d'obtenir des équipes plus performantes, et d'éviter de reverser à l'État une somme que vous auriez pu utiliser pour votre propre développement.
En 2025, avec des LMS déployables en 48h et un catalogue de plus de 500 modules disponibles immédiatement, il n'y a plus aucune raison valable de payer sans former.





